On aurait tort de trop se réjouir du résultat des européennes
Les partis de centre-droit l’ont emporté dans l’ensemble de l’Europe à l’exception de quelques pays et le Parlement européen reste donc dominé par les conservateurs. Le résultat en France est à peu près similaire avec la défaite cuisante du Parti socialiste et la poussée inattendue de la liste Europe Écologie.
Le succès des listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit a été largement salué : à droite parce qu’il contribue à maintenir le PS dans un état de désorientation générale et, à gauche, comme une prise de conscience écologique salutaire. En tout état de cause, Cohn-Bendit, décrit comme un grand homme politique responsable depuis sa prise de bec avec François Bayrou est aujourd’hui devenu un homme providentiel, accompagné de la blonde « débutante » Eva Joly.1
Loin de réjouir, cette poussée des écologistes devrait inquiéter car l’idéologie portée par ces sauveurs du monde est frappante. Il faut, selon le programme d’Europe Écologie, changer d’ère et de civilisation, rien de moins. Et les Verts de proposer, ni plus ni moins, une réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre, la fin du nucléaire, une agriculture davantage bio et contenant zéro OGM.
Le volet financier et social de ce programme2 est encore plus étonnant : en s’appuyant sur une analyse économique de cuisine, les Verts veulent pêle-mêle réduire (encore !) le temps de travail, « permettre à la collectivité d’influencer les choix faits par les entreprises », l’extension des services publics, la convergence (vers le haut) des systèmes sociaux européens et la taxation à 80% des revenus supérieurs à 44 000 € par mois.3
Ainsi, le mouvement citoyen célébré par Dany n’est pas aussi neutre, politiquement, qu’il a bien voulu le faire croire : c’est surtout un mouvement de gauche qui ne souhaite pas seulement le règlement des problèmes environnementaux qui se posent aux sociétés contemporaines, mais, au contraire, les faire disparaître et créer un ordre nouveau où la liberté individuelle et le progrès technologique et économique seraient relégués au rang d’idées égoïstes et dominatrices.
Cet engouement pour un nouveau monde écologiste n’a rien de rassurant. Comme le note le conservateur Ivan Rioufol sur son blog, le projet des écologiste est le fruit d’une idéologie, au sens propre, qui ne laisse pas de place aux choix individuels car tout doit être réglé selon une organisation bien précise et décidée par le pouvoir politique. Un tel succès n’aura pour effet que d’encourager les inquisiteurs de la pensée écologiquement correcte, qui a déjà valu un certain nombre d’ennuis à Claude Allègre par exemple.
Fort heureusement, il semble que ce vote massif envers Europe Écologie n’est que le fruit d’un enchaînement salutaire d’événements marquants : l’algarade entre le président du Modem et Dany le Rouge a été suivie par la diffusion – quelle coïncidence – du film Home de Yann Arthus-Bertrand qui décrit de façon apocalyptique la situation de notre planète.
- Pour ceux qui, comme moi, ont des doutes sur l’innocence et le désintéressement de l’héroïne anti-corruption, je les invite à lire le pamphlet publié par Luc Rosenzweig sur Causeur.fr. Il ne l’aime visiblement pas et la taxe ni plus ni moins de « populisme soft »… [↩]
- Le détail est ici et il vaut le détour. Pour avoir parlé d’Europe, les Verts n’ont pas manqué d’adopter un point de vue bien français, sans se demander un instant si tout ce qu’ils proposent serait acceptable par d’autres pays… [↩]
- « À partir de 44 000 euros, je prends presque tout. » aurait pu dire un ancien secrétaire général du PC… [↩]




4 commentaires
ininteressant et par dessus tout PENIBLE à lire ! vraiment !
ça c’est constructif.
Laborieux comme article.
Mais non, moi je trouve ça très bien !
Le sujet est d’ailleurs important, on a un peu tendance à oublier la partie immergée de l’iceberg (qui va bientôt fondre) : Les verts sont de gauche, et d’une gauche dangereuse d’une part pour ses idées, et d’autre part parce que le peuple est soit pour elle, soit indifférent. En tous cas, peu de personnes sont catégoriquement contre les écolos (pour ne pas dire “écologistes”, car cela sous-entendrait que ce sont des scientifiques…)